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lundi 3 mars 2008

Trois grands crus de Belgique francophone

Alors que l'association des sommeliers flamands venait de désigner le meilleur vin belge (voir ci-dessous), un vent favorable a fait atterrir dans ma boîte à courriels trois critiques de crus belges. Toute correspondance avec des politiciens francophones est bien entendu fortuite !

CHATEAU REYNDERS
Un blanc comme neige issu d'un cépage de raisin bleu.
Au nez, il développe des odeurs de sainteté mais qui font vite place à
des notes plus poivrées.
Une attaque mielleuse s'estompe assez rapidement pour faire place à une vigueur qui a tendance à dominer.
La lente maturation a permit l'établissement de la pourriture noble et est typique de cette lignée de vins qui se plaît en accompagnement
de plats luxueux tels caviar, homard et langoustes.
On évitera toutefois de le servir avec de la viande rouge ou avec des plats cuisinés avec des agrumes, oranges en particulier afin d'éviter
de mettre en évidence sa tendance dominatrice.
Ce vin est assez difficile à accorder mais sera parfait avec un waterzooi à la gantoise.

NUIT ST MILQUET
Un rosé de bonne facture à la couleur franchement orangée.
Ce vin présente au verre une jambe grasse mais sans excès.
Selon moi, ce vin mérite qu'on l'oublie quelques années en cave car il semble encore un peu trop vigoureux.
On évitera de le servir après un Château Reynders car celui-ci a tendance a amplifier son acidité naturelle assez marquée.
Bref un vin que l'on sortira aux grandes occasions de façon à prolonger un peu une soirée entre amis par exemple.

CLOS DI RUPO
Un vin rouge italien qui sait se retenir.
On sent qu'il a été élevé en barrique de vieux chêne équilibrée par une tendance féminine assez prononcée.
Cette tendance est parfaite pour accompagner un plat tel qu'une cuisse de biche auprès de laquelle il saura rester neutre.
Il semble être à son apogée.
Il est à boire dès à présent de façon à ce que ses arômes ne s'éparpillent pas.
On évitera toutefois de le servir en présence de jeunes viandes vigoureuses.
A noter que l'année 2007 n'a pas donné un grand vin, il a en effet souffert du climat pourri qui a sévit dans sa région de culture.

jeudi 20 décembre 2007

Un amour viticole

Un vent favorable a fait attérir dans ma boite aux lettres l'histoire suivante. J'ignore qui en est l'auteur, mais je le félicite.

Il m'est arrivé une histoire dont il faut que je vous donne, si je puis dire, la primeur.
C'était il y a quelque temps, au bal de la Nuits-Saint-Georges que j'ai rencontré la petite Juliénas, une fille drôlement Gigondas, un sacré beau Meursault, bien charpentée, et sous sa robe vermillon un grand cru classé, avec des arômes de cassis et de fraises des bois.
On a dansé Anjou contre Anjou sur un Sylvaner à la mode et plus tard lorsque je lui ai proposé de l'emmener dans mon Châteauneuf-du-Pape, elle est devenue toute
Croze-Hermitage !!!
Le temps d'aller chercher un Chablis au vestiaire, de mettre un petit Corton dans ses cheveux, on est montés dans ma Banyuls et on a roulé jusqu'au matin.
Ah quelle belle journée ! On s'est baladé Entre-deux-mers, il faisait beau, on a Vacqueyras sur la plage, les pieds dans l'eau Clairette, on s'est Pouilly-Fuissé dans les dunes et puis comme le Mercurey montait sérieusement et qu'on commençait à avoir les Côtes-Rôties on a décidé de rentrer.
Mais voilà, en partant nous nous sommes retrouvé coincés dans les embouteillages, enfin les bouchons, quoi ! Je commençais à Minervois sérieusement et là, Julienas et moi, nous avons commencé à nous crêper le Chinon .
D'un seul coup elle a claqué la Corbière de la Banyuls et elle est partie ! Je me suis retrouvé comme Macon. Quoi, me suis-je dit, elle s'est déjà Sauvignon avant même que j'ai le temps de la Sauternes ! Mais je vous Jurançon, je l'avais dans la Pauillac, en effet, j'étais tellement Tokay que j'ai couru après elle dans Lalande et les Chardonnay pour la rattraper.
Quand on s'est retrouvés, et que je l'ai vue devant moi en Gros-plant, je lui ai dit -" Ne fais pas ta Pomerol, et ne t'en va plus Gamay ! "
En pleurant, elle est tombée dans mes bras en Madiran : "Ne m'en veux pas, je voulais juste être sure que ton Saint-Amour était vraiment Sancerre".


Addendum (20/01/2008) : Daniel-Etienne Defaix, viticulteur à Chablis et, par ailleurs, élu "Homme de l'année" par le magazine Bourgogne Aujourd'hui (numéro 79) a rajouté une strophe à ce texte : Maintenant Savagnin, on ne s'est plus cuité depuis. Le soir venant, Monthelie vite au Pommard, et mon Epenaux sous ses Charmots me fait toujours Rugiens de plaisir.